À l'approche du 250e anniversaire de l'indépendance américaine, la critique culturelle Melanie McFarland, de Salon, propose une autre image du pays que celle des pères fondateurs en perruque poudrée : treize comédies qui racontent une Amérique multiculturelle, faite de quartiers populaires, de diasporas et d'identités multiples qui cohabitent et se mêlent, le plus souvent dans la bonne humeur.
La sélection couvre des univers très différents : « Atlanta » de Donald Glover, saluée pour avoir traité chaque épisode comme une expérience cinématographique à part entière tout en critiquant le mythe d'une Amérique daltonienne ; « Reservation Dogs », qui a ouvert la voie à des récits autochtones portés par des acteurs autochtones dans l'Oklahoma rural ; ou encore « Mo », coécrite par Mo Amer et Ramy Youssef, qui suit un Palestinien apatride né à Houston, sous la menace constante d'une expulsion malgré une vie entièrement américaine.
La liste fait aussi place à des comédies plus légères mais tout aussi révélatrices d'un territoire donné : « Portlandia » et son hipsterisme méticuleux à Seattle, « It's Florida Man » et son inventaire d'excentricités locales, ou « Diarra From Detroit », polar amateur porté par une héroïne noire qui montre une communauté joyeuse là où la télévision américaine choisit trop souvent de filmer la tragédie. « Deli Boys », « Ramy » et « Awkwafina Is Nora From Queens » complètent ce tableau des diasporas pakistanaise, égyptienne et asiatique-américaine.
Pour McFarland, ce panorama sert un même argument : loin d'être une nation blanche et chrétienne homogène, les États-Unis se racontent mieux à travers ces récits de communautés multiples qui travaillent dur et rient de leurs propres contradictions — une manière de célébrer l'anniversaire du pays sans en gommer la complexité.

