« Ni le gendarme ni le concierge de l'Europe » : le Maroc réclame un partenariat migratoire rééquilibré

Rédigé le 04/08/2026
avec MAP

« Nous ne sommes ni le gendarme ni le concierge de l'Europe ; nous sommes un partenaire souverain, pas un sous-traitant » en matière de gestion migratoire, a affirmé ce lundi à Rabat une source gouvernementale marocaine citée par l'agence MAP, qui s'est interrogée sur la viabilité du modèle de gestion actuel face au nouveau contexte régional.


La même source a jugé « décevant de constater que les événements de Sebta ont été exploités pour des bénéfices électoraux et des règlements de compte politiques », relevant qu'au plus fort de la crise, « sous le poids d'une couverture médiatique sensationnaliste et alarmiste », les commentaires les plus haineux et les analyses les plus fantaisistes ont pu se multiplier. Elle a dit avoir été choquée « non seulement par l'absence de vision, mais par la forte myopie stratégique de certains et l'instrumentalisation politicienne d'autres ».



« Les règles d'engagement doivent changer ! », a-t-elle insisté, estimant qu'il faut que ce soit clair dans tous les esprits : « le Maroc protège son territoire, mais personne ne le fait à sa place. » « Chacun doit assumer ses responsabilités : le Maroc n'est ni le gendarme ni le concierge de l'Europe. Nous opérons en partenaire fiable et engagé, dans le cadre d'un partenariat bien compris, qui ne peut être à sens unique. »

Selon cette source, les règles de ce partenariat doivent être actualisées autour de quatre axes : remobiliser les volontés politiques, restituer la clarté et la prévisibilité au cœur du dispositif, réhabiliter la confiance et la responsabilité, et recadrer les règles d'engagement. « Il ne faut pas croire qu'il suffit d'injecter des fonds pour que tout fonctionne comme par magie », a-t-elle également soutenu, précisant que les financements n'ont jamais été un mobile d'action pour le Maroc.


Le Maroc « le dit et le répète : à la question migratoire, il n'y a pas de réponse sécuritaire exclusive », a poursuivi la source, faisant valoir que ce principe s'est vérifié avec un mouvement de retour volontaire aussi massif que l'avait été l'afflux vers Sebta. Selon l'Espagne, 95 % des personnes arrivées auraient quitté la ville depuis. La source y voit le signe que ces jeunes sont rentrés « parce qu'ils ont constaté de visu que la situation au Maroc est meilleure que dans l'Eldorado qu'ils fantasmaient », un choix qu'elle attribue aux investissements réalisés dans le développement socio-économique du Royaume et des provinces du nord, avec plus de 430 000 emplois créés.


« L'Eldorado est un mythe que nos jeunes ont déconstruit par eux-mêmes, en revenant volontairement. La meilleure réponse à la migration clandestine, c'est le développement », a affirmé la source, appelant enfin l'Europe à devenir un partenaire réellement intéressé par le développement du Maroc, en cessant de prendre des décisions qui pénalisent des secteurs clés de l'économie marocaine — ports, industrie automobile, finances, services, transports ou offshoring.